www.bajstock.comL’ADEME a évalué la réaction des Franciliens à la mise en place de la circulation alternée le 17 mars 2014 à Paris et petite couronne lors des pics de pollution alors constatés dans les principales villes de France.

Premier enseignement : une grande majorité d’entre eux reconnaissent une valeur « pédagogique » à la circulation alternée. Pour 70% des sondés, elle a permis de sensibiliser les Franciliens au problème de la pollution de l’air.

Le développement de modes de transport alternatifs à la voiture ou la restriction de l’usage des véhicules les plus polluants sont cependant jugés plus efficaces contre la pollution de l’air. Ils sont en effet 68% à préconiser un accès restreint voire une interdiction des véhicules les plus polluants en centre-ville.

Le dispositif de circulation alternée a été bien accepté et jugé peu contraignant, ce qui montre que les Franciliens sont prêts à se conformer à ce type d’action s’il permet d‘améliorer durablement la qualité de l’air.

Le rapport de l’ADEME sur la « circulation alternée » (PDF – 1,5 Mo)

Les principaux enseignements

L’objectif de l’étude était mieux connaître les pratiques mises en place, le vécu et la perception du dispositif ainsi que les axes d’optimisation attendus.

Réalisée auprès de Franciliens (Paris, petite et grande couronne), cette étude montre que le dispositif de circulation alternée a été globalement bien respecté (80% des sondés disent l’avoir respecté). Il est jugé comme justifié par 59% des Franciliens et peu contraignant pour une population habituée à se passer de la voiture pour ses déplacements quotidiens domicile-travail. En effet, seuls 30% des personnes interrogées utilisent une voiture ou une moto comme principal mode de déplacement pour se rendre sur leur lieu de travail. La majorité s’accordent à trouver à la circulation alternée une valeur pédagogique : pour 70% des sondés, elle a permis de sensibiliser les Franciliens au problème de la pollution de l’air et incite à se renseigner sur les alternatives au véhicule individuel.

Si elle a été bien comprise, cette mesure n’est pourtant pas jugée comme la plus efficace pour limiter la pollution de l’air. Plus généralement, les transports alternatifs sont les solutions considérées comme les plus pertinentes contre la pollution : 83% des sondés plébiscitent la gratuité des transports en commun, 73% le développement de services de partage de vélos ou d’automobiles, 69% le covoiturage. Ils sont également 68% à préconiser un accès restreint voire une interdiction des véhicules les plus polluants en centre-ville.

Les trois quarts des Franciliens se disent préoccupés par la qualité de l’air qu’ils respirent. Pour une grande majorité d’entre eux (85%), la circulation est la principale cause de pollution. Ils sont donc prêts à agir et sont en demande d’informations sur les mobilités alternatives : 55% des sondés se déclarent insuffisamment informés.

Réduire durablement l’impact du transport routier

Les effets néfastes pour la santé sont principalement dus aux expositions prolongées aux polluants atmosphériques. Il s’agit donc de mettre en place des actions pérennes qui ne se limitent pas aux périodes de pics de pollution.

Pour réduire l’impact sur la qualité de l’air des transports routiers dans les zones urbanisées les plus polluées, il est nécessaire d’agir prioritairement sur les véhicules les plus émetteurs de particules et d’oxydes d’azote (NOx), en particulier le parc Diesel non équipé de filtres à particules fermés, et de les substituer par d’autres modes de transports ou par des véhicules moins polluants.

Pour l’ADEME, la réussite de la mise en œuvre du dispositif de circulation alternée démontre avant tout que les citoyens sont prêts à se conformer à des actions touchant aux véhicules les plus polluants pour peu que ces actions soient suffisamment expliquées, vécues comme légitimes et qu’elles soient accompagnées des solutions adaptées à la situation de chacun.

A titre d’exemple, en Europe, les « Low Emission Zones » (LEZ) ont démontré leur efficacité comme mesure pérenne pour réduire les niveaux de pollution par les particules et le dioxyde d’azote. Elles interdisent la circulation des véhicules les plus polluants dans les agglomérations confrontées à des problèmes de qualité de l’air. Près de 200 LEZ sont aujourd’hui en place dans neuf pays européens. Elles ont permis des réductions des émissions de particules fines (jusqu’à 15% des particules PM2,5 à Londres) ainsi qu’une diminution des jours de dépassements du niveau de concentration de ces particules (jusqu’à 16 jours dans une région allemande).