Dans le cadre de la Conférence environnementale, de nombreuses mesures ont été annoncées par le Premier ministre et la Ministre de l’Ecologie pour améliorer la qualité de l’air. Et pour un changement significatif et bénéfique, il faut agir sur plusieurs sources de pollution, et notamment les transports, le chauffage au bois individuel et l’agriculture. Les particules fines sont potentiellement les plus toxiques car elles ont la faculté de se déposer au plus profond des voies respiratoires. Il faut donc agir en priorité et de façon complémentaire sur la réduction des émissions de ces secteurs.

Réduire les émissions du transport routier

@ADEME

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Le parc de véhicules Diesel anciens est fortement émetteur de particules fines et d’oxydes d’azote, et en particulier les véhicules Diesel non équipés de « filtres à particules fermés ». Les voitures diesel récents restent émettrices d’oxyde d’azote (Nox), qui sont à l’origine des concentrations de NO2 et participent à la formation de particules secondaires et d’ozone. L’exposition des populations aux particules secondaires liées aux véhicules Diesel et essence est encore mal quantifiée, mais ces particules, parce qu’elles sont ultrafines, sont soupçonnées de produire des impacts sanitaires graves.

L’ADEME recommande donc d’agir sur la réduction des déplacements motorisés, avec une priorité sur le parc de véhicules anciens, en particulier le parc Diesel non équipé de filtres à particules fermés très émetteur de particules et d’oxyde d’azote : véhicules particuliers, véhicules de livraison, poids lourds ainsi que flottes captives circulant dans les agglomérations.

Dans le cadre de la conférence environnementale, l’Etat a notamment annoncé pour 2015 un dispositif d’identification des véhicules propres pour encourager leur utilisation et permettre leur circulation lors de la mise en place des mesures répondant aux pics de pollution. Le gouvernement étudiera également la possibilité d’étendre la prime à la conversion des vieux diesels à l’acquisition de véhicules d’occasion propres pour les familles aux ressources les plus modestes.

Enfin, le projet de loi de transition énergétique prévoit la possibilité de mettre en place des zones à circulation restreintes dans les villes ou agglomération de plus de 100 000 habitants. Dans ces zones, les autorités locales pourront restreindre la circulation des véhicules les plus polluants, sur le modèle des « Low Emission Zone », déjà mises en oeuvre dans près de 200 villes d’Europe. Consulter le benchmark « Low Emission Zone »

Réduire les émissions du chauffage au bois individuel

88226_qualite-air-chauffage-bois-150La combustion du bois (feu de cheminée, brûlage des déchets,…) contribue également aux niveaux de particules dans l’air ambiant.

L’ADEME recommande notamment aux particuliers de réduire l’usage des appareils individuels les plus émetteurs de polluants. En l’état des connaissances actuelles, les foyers ouverts ainsi que les appareils à foyer fermé datant d’avant 2002 doivent être ciblés prioritairement et remplacés par les équipements les plus performants (porteurs du label Flamme Verte ou présentant des performances équivalentes).

Dans le cadre de la conférence environnementale, le gouvernement mettra en place en 2015 des aides à la conversion des vieux appareils de chauffage au bois dans les zones polluées et proposera aux collectivités de s’y associer. Dans la Vallée de l’Arve, le Fonds Air bois a permis, depuis juin 2013 de remplacer près de 900 appareils anciens.

Réduire les émissions de l’agriculture

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© S. LEITENBERGER/ADEME

L’agriculture, comme les autres secteurs d’activité, contribue aux niveaux de particules fines dans l’atmosphère. Elle est, en particulier, à l’origine de 97 % des émissions nationales d’ammoniac (NH3), un polluant atmosphérique qui participe à la formation de particules fines et favorise l’acidification et l’eutrophisation des milieux. Générées majoritairement par les effluents d’élevage et lors des épandages d’engrais, les émissions d’ammoniac constituent une perte d’azote pour les exploitations agricoles.

La recherche et le monde agricole ont déjà développé des pratiques et des techniques permettant de limiter les pertes d’ammoniac vers l’air, que ce soit au niveau de l’alimentation animale, de la gestion des effluents et de la fertilisation des cultures. Par une conduite optimisée de la gestion de l’azote, l’objectif est aussi une meilleure performance économique. L’ADEME a identifié 10 actions ayant le meilleur rapport coût-efficacité pour réduire les émissions d’ammoniac à l’échelle de la France aux horizons 2020 et 2030.